La flore réunionnaise,
fruits et fleurs créoles
Née il y a 3 millions d’années
d’un volcan sous-marin, La Réunion est, à sa création,
totalement vierge. Peu à peu, ses terres basaltiques sont colonisées
par une végétation aux multiples origines. En fait, des
graines flottantes sont arrivées par la mer depuis Madagascar,
l’Afrique, l’Australie et l’Indonésie ; d’autres ont été
portées par le vent, au gré des cyclones et des alizés,
ou ingurgitées par des oiseaux migrateurs.
Les plantes endémiques
Ce
sont des plantes qui, sensibles aux modifications climatiques, ont évolué
vers des particularités propres jusqu’à devenir, parfois,
des espèces complètement nouvelles. Sur l’archipel des
Mascareignes (formé de La Réunion, Maurice et Rodrigues),
les botanistes ont dénombré plus de 500 espèces
endémiques plante à fleurs dont 160 pour la seule Réunion.
Photo: alamanda
La végétation
originelle
Lorsque
les premiers colons débarquent à Bourbon, l’île
est entièrement verte. Les plantes indigènes sont aussi
bien des arbres (benjoin, bois puant, bois d’olive, branle …) et des
palmiers (lataniers, palmistes …) que des plantes à fleurs (liane
aurore, poinsettia, alamanda, frangipanier …) ou des fougères,
notamment arborescentes.
Photo : liane
aurore
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Après près de 4 siècles de
présence humaine, la végétation des origines a
beaucoup régressé. Les nécessités de l’agriculture
et de l’exploitation du bois ont décimé les forêts
primaires. Celles-ci ont régulièrement diminué,
parallèlement à l’évolution économique de
l’île. La culture du café au 18è siècle,
celle de la canne à sucre au début du 19 è siècle,
les cultures vivrières dans les cirques et les hautes plaines
et le développement du géranium au début du 20è
siècle entraînent la disparition progressive mais, irrémédiable
de la végétation originelle.
Les espèces
introduites
Au
17ème siècle, les premiers colons emmènent
avec eux des semences d’espèces fruitières et légumières
européennes. Toutefois, le mouvement s’accélère
au 18è siècle sous l’impulsion de passionnés comme
Pierre Poivre. Des botanistes ramènent de leurs expéditions
aux quatre coins du monde toutes sortes de plantes. Généralement,
celles-ci transitent par l’île Maurice où elles sont acclimatées
avant d’être introduites à La Réunion. Si la flore
locale s’en trouve considérablement enrichie, ces nouvelles espèces
vont peu à peu gagner du terrain sur la végétation
première. Certaines d’entre elles prolifèrent tellement
sous ces cieux très cléments qu’elles deviennent des pestes
végétales. C’est le cas du goyavier, du troène
ou des longoses qui "colonisent tout sur leur passage".
Photo:
Liane de Jade
Par ailleurs, les besoins
en bois de qualité moyenne ont poussé l’Office National
des Forêts à constituer de véritables forêts
de cryptomeria, filaos et eucalyptus au détriment des arbres
locaux.
Aujourd’hui, les chercheurs
estiment qu’entre 1000 et 1500 espèces ont été
introduites, avec succès, à La Réunion.
Les végétations
réunionnaises
Terre de micro-climats,
La Réunion possède plusieurs types de végétations
qui diffèrent selon l’altitude et les plantes présentes :
formation littorale
formation de basse altitude
formation de moyenne altitude
formation de haute altitude
formation de montagne
Les orchidées
Les
orchidées présentes à La Réunion sont endémiques
ou originaires d’Amérique du Sud ou de Bornéo. Les forêts
réunionnaises en abritent 120 espèces réparties
en une trentaine de genres. Elles sont assez discrètes car, de
taille modeste, elles aiment les très hautes branches des arbres.
Leurs fleurs, d’un blanc jaunâtre ou verdâtre, sont rarement
remarquables. Les orchidées locales sont épiphytes (elles
vivent sur un arbre utilisé comme support) ou se développent
directement dans la terre. Elles sont très fragiles et supportent
très mal la rupture avec leur milieu forestier naturel. Il devient
alors quasiment impossible de les reproduire.
photo:
orchidée Vanda orangé
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Les fougères
Avec
son climat tropical humide, La Réunion est une terre très
favorable au développement des fougères. Plus de 230 espèces
différentes ont, ainsi, été recensées dans
des milieux très divers. Majestueuse, la fougère arborescente
est une des composantes des forêts réunionnaises d’altitude
et elle produit un matériau très populaire chez les jardiniers
locaux. À partir d’un certain âge, des racines se forment
à la base du tronc. Les pots de fleurs ou fanjans, utilisés
pour la culture des orchidées, sont taillés dans ce manchon
de racines.
photo : fougère de sous-bois
Les fruits
À
La Réunion, les fruits sont plutôt tropicaux même
si le climat tempéré des hauts de l’île permet d’avoir
des fruits comme le brugnon, la pêche ou la fraise.
Seules trois espèces fruitières
sont endémiques (pomme-latanier, figue rouge et pomme des bois).
Au début de la colonisation, quelques bananiers, orangers et
cocotiers sont plantés par les premiers habitants.
Photo: verger de manguiers
Toutefois, les premières introductions
massives ont lieu à partir du 18ème siècle.
Les fruits sont principalement originaires d’Europe (raisin, pêche,
citron …), d’Amérique du Sud (goyave, grenadine …), d’Asie (bibasse,
letchi, mangue …). Ces nombreux apports extérieurs permettent
au verger créole d’être particulièrement fourni.
Photo: grenade
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À
l' heure actuelle, seules quelques espèces sont cultivées
pour un usage commercial (agrumes, ananas, letchi, bananes, mangues,
papayes). Les autres fruits sont, de fait, plus rares et ne se trouvent
que dans les "cours" (jardins) des particuliers.
Photo: papaye
Quelques
fruits de La Réunion :
L’atte ou pomme-cannelle (Amérique du
Sud)
Le cœur de bœuf
Le corossol ou sapotille
Le fruit à pain (Pacifique) – se consomme salé
Le jaque (Asie méridionale) – se consomme salé ou sucré
quand il est mûr
La mûre (Ténériffe)
La mangue (Inde) – Très nombreuses variétés –
se consomme salé en rougail lorsque le fruit est vert ou sucré
lorsqu ‘il est mûr
L’évi ou pomme de cythère (Pacifique) – se consomme
en rougail ou en confiture
Le letchi (Chine)
Le longani
La sapote
Le kaki ou coing de Chine (Japon)
La papaye – Plusieurs variétés
L’ananas (Amérique du Sud) – L’ananas " pays "
est le Victoria, très parfumé
L’orange
La mandarine
Le combava – petit citron dont l’écorce sert à parfumer
les plats La banane
L’avocat
La grenadine ou fruit de la passion (Amérique du sud)
La barbadine
Le jamrosat (Malaisie)
Le jamalac (Malaisie)
La goyave (Amérique tropicale)
Le goyavier (Brésil)
La bibasse (Extrême-Orient)
La pêche (Afrique du sud et Europe)
Le carambole
Le bilimbi
La grenade
La jujube
Le tamarin …
Texte et photo(s) : Laurence Macé